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Archives actualités 2017

13/11/2017

De forts séismes secouent la zone frontière entre l’Iran et l’Irak ainsi que le Costa Rica

De forts séismes secouent la zone frontière entre l’Iran et l’Irak ainsi que le Costa Rica

Le dimanche 12 novembre à 18:18 (UTC, heure locale : 21:48), un séisme de magnitude 7.3 s’est produit dans la zone frontière entre l’Iran et l’Irak, au sud de Halabjah (à 220 km au nord-est de Bagdad), à une profondeur d’environ 23 km, selon le service géologique américain (USGS). Le séisme a été fortement ressenti dans les deux pays ainsi que dans les pays voisins. Au vu de la force et de la profondeur du tremblement de terre, il faut s’attendre à des dégâts importants.

Le séisme s’est produit aux confins des plaques arabique et eurasienne. La première se déplace avec une vitesse d’environ 26 mm par année vers la seconde. Le mécanisme de la rupture ainsi que la profondeur du séisme correspondent à ce que nous connaissons de la tectonique des plaques dans la région.

L’étendue des dégâts est pour l’instant difficile à estimer à cause de l’accès difficile à cette région reculée. A cause du mode de construction traditionnel défavorable de nombreux bâtiments, il faut craindre de forts dégâts. Un jour après le séisme, les médias parlent déjà de 300 victimes.

Une heure environ avant la secousse principale, un séisme de magnitude 4.3 s’est produit à 60 km plus au sud-est, que l’on peut considérer comme un précurseur. De tels séismes avant-coureurs se produisent parfois avant un fort séisme, mais très souvent les forts tremblements de terre se produisent sans signe précurseur. En outre, ce n’est qu’à posteriori, que l’on peut interpréter un séisme comme étant un précurseur. De nombreuses répliques se sont entre-temps produites, la plus forte avec une magnitude de 5.3 ayant été ressentie environ 10 minutes après le choc principal. Cela est suffisant pour détruire des bâtiments déjà fragilisés par la secousse principale. Il faut s’attendre à d’autres répliques, en partie fortes aussi, dans les semaines et mois à venir.

Dans la nuit du 13 novembre 2017, à 02:28 (UTC), une secousse s’est par ailleurs produite au Costa Rica. Le séisme de magnitude 6.5 avait son foyer à une profondeur de 20 km (USGS). Il a été largement ressenti et a causé des dégâts dans la région épicentrale. Aucune alarme au tsunami n’a été déclenchée. Le Costa Rica se situe dans la zone de convergence de la plaque des Caraïbes avec celle de Cocos qui plonge sous le première (on parle de zone de subduction) avec une vitesse d’environ 9 cm par année. En raison de ces contraintes tectoniques, des séismes importants avec un fort potentiel de destruction se produisent régulièrement dans la région : le dernier en date, avec une magnitude de 7.6, s’est produit en septembre 2012.

Il n’existe aucun lien entre les séismes de la zone frontière Iran-Irak et du Costa Rica.  

03/11/2017

Nouveau séisme ressenti dans la région de Sion/Sierre VS

Nouveau séisme ressenti dans la région de Sion/Sierre VS

Un séisme de magnitude 2.8 s’est produit vendredi 3 novembre 2017 à 19:04 (heure locale) à 4 km au nord-est de Sion (VS).

Les secousses ont pu être clairement ressenties par la population, en particulier dans la région entre Sion et Sierre, comme pour le séisme de la veille. La vallée du Rhône, par la qualité de son sous-sol (sédiments mous), est connue pour amplifier notablement les ondes sismiques. C’est pourquoi de nombreux témoignages de ressenti des habitants ont été livrés sur le site web du Service Sismologique. Pour un séisme de cette magnitude, on ne s’attend à aucun dégât.

Ce séisme appartient à la séquence sismique active depuis juin 2015 au nord-est de Sion, en grande partie passée inaperçue.

02/11/2017

Séisme bien ressenti près de Sierre

Séisme bien ressenti près de Sierre

Ce jeudi 2 novembre 2017 à 15:09 (heure locale) s’est produit un séisme de magnitude 3.1 à 4 km au nord de la ville de Sierre (VS), à une profondeur de 3.5 km.

Le séisme a été très bien ressenti par la population près de l’épicentre et dans la vallée du Rhône, en particulier entre Sion et Sierre. De nombreux riverains ont rapporté leur ressenti sur notre site internet. La vallée du Rhône est bien connue pour amplifier sensiblement les ondes sismiques, ce qui a provoqué un fort ressenti dans toute la vallée. Aucun dégât n’est attendu pour un tel séisme.

Le Valais est la région la plus active de Suisse, en particulier la région située au nord de Sion et Sierre. Elle correspond à la zone activée en 1946 lors du dernier grand séisme en Suisse (magnitude 5.8) qui avait fait de nombreux dégâts aux bâtiments de Sion et Sierre, encore peu peuplées à l’époque.

Depuis juin 2015, deux séquences de tremblements de terre, bien que passées en grande partie inaperçues de la population, sont actives en Valais. Elles sont séparées d’environ 12 km : l’une est située à 5 km au nord-est de Sion et l’autre à environ 6 km au nord de Sierre. La majorité des séismes enregistrés s’est produite à une profondeur de 8 km, c’est-à-dire probablement dans le socle cristallin. Le séisme du 2 novembre 2017 est le deuxième séisme de la séquence de Sierre qui atteint une magnitude de 3.1. Le premier séisme s’était produit le 14 octobre 2015.

L’histoire sismique nous montre que cette région a déjà connu par le passé des niveaux d’activité similaires. Ainsi, en été 1996 se sont produits trois séismes avec une magnitude de plus de 2.5. En 2011, une séquence similaire avait déjà été observée à environ 2 km au nord-ouest de Sierre. L’analyse historique montre en outre que de telles séquences ne présentent rien d’inhabituel pour le Valais. En général, l’activité de ces essaims cesse après quelques semaines ou quelques mois. Dans de rares cas, les séismes augmentent en nombre et en taille.

04/10/2017

Enquête sur les risques de tsunami en Suisse

Enquête sur les risques de tsunami en Suisse

Les tsunamis ne surviennent pas seulement en mer. Dans de rares cas, il arrive que de puissantes vagues balaient aussi des lacs (suisses). Des chroniques historiques et l’analyse de sédiments prélevés au fond du lac attestent le passage d’une vague atteignant localement jusqu’à 8 mètres de hauteur, en 1601, dans le lac des Quatre-Cantons. Celle-ci avait été à l’origine de nombreuses inondations. L’élément déclencheur avait été un séisme d’une magnitude de 5.9, qui avait frappé le canton de Nidwald. Les secousses avaient provoqué plusieurs glissements de terrain dans le lac des Quatre-Cantons, ainsi que l'effondrement d’un pan de la montagne Bürgenstock, qui avaient engendré à leur tour ce raz-de-marée. Des documents attestent la survenance d’autres tsunamis dans le lac Léman, ainsi que dans les lacs de Brienz et de Lauerz (cf. tsunamis de lacs).

Quels sont les risques encourus lorsque se produisent ces évènements rarissimes? Quel peut être le déclencheur d’un tsunami dans un lac? Quelle a été leur fréquence jusqu'à présent? Quelles sont les conséquences? Tous ces questionnements sont l’objet d’un projet de recherche qui vient d’être approuvé par le Fonds national suisse. Dans ce contexte, des scientifiques de l’École polytechnique fédérale de Zurich, de l’Université de Berne et du Centre pour les sciences de l’environnement marin de Brême ont notamment prévu d’installer neuf sismomètres au fond du lac des Quatre-Cantons. Ces instruments permettront d’effectuer des mesures sismiques et géotechniques sur les sédiments. Des requêtes en ce sens avaient été présentées aux cantons de Lucerne, de Nidwald et de Schwyz. Le choix s’est porté sur le lac des Quatre-Cantons, qui se situe dans une région avec un risque sismique relativement élevé, et dont on connait bien les fonds en raison de projets de recherche antérieurs.

Il est prévu de disposer ces appareils pendant 22 mois en plusieurs points dans le lac. En association avec d’autres mesures, les données sismiques ainsi recueillies permettront de caractériser la structure interne de l’instabilité des pentes, de mieux comprendre les mécanismes de glissement, et de modéliser l’émergence et la propagation d’une vague de tsunami. Une étude aussi complète sur des processus subaquatiques destructeurs constitue une première pour la Suisse, et les résultats serviront une meilleure connaissance de ces processus à l’échelle mondiale. Le coût global du projet s’élève à 2 millions de francs suisses. Une part importante de ce budget sera consacrée à la réalisation de ces mesures onéreuses.

25/09/2017

Enregistrer les forts tremblements de terre avec le GPS

Enregistrer les forts tremblements de terre avec le GPS

On connaît le GPS pour la navigation, mais pas forcément pour une autre de ses fonctionnalités : le signal GPS peut être utilisé pour mesurer le mouvement du sol produit par les forts séismes. C’est ce que montre une étude publiée récemment dans « Bulletin of the Seismological Society of America » par des chercheurs du Service Sismologique Suisse (SED) à l’ETH Zurich. Le GPS peut améliorer la surveillance sismique en temps réel en complément des mesures conventionnelles. L’intégration des données GPS permettrait d’améliorer la précision dans le calcul des ShakeMaps qui sont cruciales pour la gestion de l’urgence post-sismique.

En général, on utilise des accéléromètres, qui enregistrent l’accélération du sol, pour mesurer les mouvements forts dus aux tremblements de terre. Le mouvement qu’ils sont capables d’enregistrer est limité dans les basses fréquences (mouvements « lents ») alors que les GPS sont à l’inverse, limités dans les hautes fréquences (mouvements « rapides »). Les stations GPS (GNSS) permanentes sont présentes dans le monde entier pour servir de points de référence pour l’information géographique et le positionnement. Les instruments GPS sont donc complémentaires dans la manière où ils enregistrent le mouvement du sol et leur réseau est complémentaire en termes de couverture géographique.

Afin de mettre en œuvre ces avantages, l’étude précédemment citée a analysé quelles seront les améliorations futures que le traitement des données GPS va apporter (zone en rouge sur le graphique). Il serait possible d’optimiser l’enregistrement de séismes en augmentant la fréquence d’échantillonnage des signaux GPS d’un facteur de 2 à 5. Les données GPS sont une valeur ajoutée aux données sismiques conventionnelles pour les événements de magnitude 5.8 ou supérieure dans un rayon de 10km Leur intégration dans les outils de gestion de crise comme les ShakeMaps pourrait être déterminante dans les pays à forte sismicité comme le Japon.

Graphique : Capacité des stations GPS permanentes à enregistrer en temps réel (zone bleue) les mouvements forts provoqués par les tremblements de terre en fonction de la magnitude et de la distance à la rupture sur la faille. Ce qui peut être réalisé actuellement après post-traitement (zone rouge) pourra dans le futur être obtenu en temps réel.
Clotaire Michel, Krisztina Kelevitz, Nicolas Houlié, Benjamin Edwards, Panagiotis Psimoulis, Zhenzhong Su, John Clinton, Domenico Giardini; The Potential of High‐Rate GPS for Strong Ground Motion Assessment. Bulletin of the Seismological Society of America ; 107 (4): 1849–1859. doi: https://doi.org/10.1785/0120160296

14/09/2017

[Disponible en DE] Mit SRF „Einstein“ im Epizentrum

Wenn das gesamte Mobiliar eines Wohnzimmers zu Bruch geht, sind auch gestandene Seismologen erschüttert. Beim geschilderten Erdbeben ist dank einer sorgfältigen Vorbereitung im Erdbebensimulator des CPPS nochmals alles gut ausgegangen, wie die SRF Sendung „Einstein“ zum Thema zeigt. Neben diesem erschütternden Erlebnis befasst sich die Sendung mit kurz- und längerfristigen Massnahmen, um die Auswirkungen von Erdbeben einzudämmen. Im Zentrum steht neben einer erdbebengerechten Bauweise die Erdbebenfrühwarnung. Ein solches Frühwarnsystem wird derzeit mit Unterstützung der DEZA vom Schweizerischen Erdbebendienst (SED) an der ETH Zürich in enger Zusammenarbeit mit den lokalen Partnerorganisationen in Nicaragua aufgebaut.

12/09/2017

Prêts à étudier la vie interne de Mars

Prêts à étudier la vie interne de Mars

Le lancement de la mission InSight est prévu pour le printemps 2018. Après un voyage de six mois, elle installera un sismomètre sur Mars. Des scientifiques à l’ETH Zurich du groupe Seismology and Geodynamics (SEG) et du Service Sismologique Suisse (SED) vont participer au service sismologique martien et traiter les signaux sismiques captés par la station de mesure. Ces données collectées vont aider à en savoir plus sur la vie intérieure de la planète.

Avec un seul sismomètre, ce ne sera pas une tâche facile. À la différence de la Terre, où les sismologues peuvent compter sur de nombreuses stations pour déterminer l’origine d’une secousse, nous allons manquer de points de référence sur Mars. C’est pourquoi, pour préparer la mission, les scientifiques possédant une expérience dans le domaine de la localisation et de la caractérisation des séismes sont invités à présenter leurs connaissances dans le cadre d’un test.

Des informations supplémentaires sur ce test sont disponibles en anglais.

08/09/2017

Séisme au large des côtes du Mexique

Séisme au large des côtes du Mexique

Un tremblement de terre de magnitude 8.1 s’est produit le vendredi 8 septembre 2017 à 6h49 (HNEC) dans l’océan Pacifique à environ 70 km au sud-ouest de la côte mexicaine (région du Chiapas). Selon l’Institut géologique américain (US Geological Survey), le séisme s’est produit à une profondeur de 70 km. Il a été ressenti dans de larges régions du Mexique, du Guatemala, d’El Salvador, du Belize et du Honduras. La force et la profondeur du séisme, ainsi que la distance de l’épicentre à la côte laissent craindre de gros dommages dans les régions côtières du Mexique et du Guatemala. À l’intérieur des terres de ces deux pays, on peut s’attendre également à des dommages étendus. Le Mexique et d’autres pays d’Amérique centrale sont touchés régulièrement par de gros tremblements de terre. Au cours des cent dernières années, huit autres tremblements de terre de magnitude supérieure à 7.0 se sont produits dans un rayon de 250 km autour du séisme actuel. Le dernier séisme destructeur au Mexique s’est produit en 1985 avec une magnitude de 8. À l’époque, on a déploré plus de 10 000 victimes.

Le séisme de vendredi matin a également déclenché une alerte tsunami. Les vagues de tsunami mesurées jusqu’ici sur les côtes du Mexique atteignaient jusqu’à un mètre (www.tsunami.gov). Cela n’exclut pas des vagues encore plus grosses dans des endroits non équipés d’instruments de mesure.

La plaque de Cocos se glisse sous la plaque nord-américaine le long de la côte mexicaine. Ce mouvement relatif des deux plaques provoque de fortes contraintes qui se déchargent régulièrement sous la forme de séismes. Le séisme actuel, d’après les évaluations effectuées jusqu’ici, est classé comme faille normale sur un plan de rupture très incliné (USGS, https://earthquake.usgs.gov/). Cet état de fait, ainsi que la profondeur du séisme indiquent que celui-ci ne s’est pas produit directement sur la limite entre la plaque de Cocos et la plaque nord-américaine, mais à une profondeur plus importante au sein de la plaque de Cocos.

Le tremblement de terre au Mexique a été également enregistré par les stations de mesure du SED en Suisse, avec pour conséquence qu’un petit séisme près de Göschenen (UR), qui s’est produit à 07h46 avec une magnitude de 1.6, s’est vu affecter tout d’abord automatiquement une magnitude de 3.0. Peu après, cette fausse alarme a été ramenée à une magnitude de 1.6 à la suite d’une évaluation manuelle. Ce sont les ondes du séisme du Mexique, qui étaient encore enregistrées en Suisse une heure plus tard, qui sont responsables de exagération du calcul automatique. C’est pourquoi les secousses du séisme de Göschenen, enregistrées au même moment, ont été surévaluées.

Photo de gauche : Carte d’intensité du séisme du Mexique, d’une magnitude de 8.1 (USGS). Sur la côte du Mexique, les secousses ont atteint une intensité maximale de VIII à IX. Le tremblement de terre a également provoqué de fortes secousses à l’intérieur des terres du Mexique et du Guatemala. Photo de droite : Les formes d’onde du séisme de Göschenen, d’une magnitude de 1.6, superposées aux ondes de surface du séisme du Mexique de magnitude 8.1. Cette superposition a entraîné une détermination automatique de magnitude erronée (magnitude 3) pour le séisme de Göschenen.

03/09/2017

Essai nucléaire en Corée du Nord

Essai nucléaire en Corée du Nord

Le 3 septembre 2017, peu après 03:30 (heure UTC), les sismomètres installés à travers de monde ont enregistré des signaux révélateurs d'une forte explosion dans les environs du site de test nucléaire nord-coréen. C'est également le cas de la station DAVOX du Service Sismologique Suisse à l'ETH de Zurich, où ces signaux sont clairement visibles. Cette station fait partie d'un réseau international de surveillance de la CTBTO (Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty Organization). La CTBTO est l'organisation du traité d'interdiction complète des essais nucléaires; elle opère un réseau mondial de surveillance pour la détection d'essais nucléaires.

Selon une analyse préliminaire, l'événement possédait une magnitude (Mb) de 6.3, ce qui correspond à un degré de magnitude de plus que le dernier essai nord-coréen du 9 septembre 2016. L'analyse des signaux sismiques de cette explosion ne permet cependant pas de dire si c'est une bombe à hydrogène ou un essai nucléaire conventionnel qui est responsable de cette explosion.

23/08/2017

Effondrement au Pizzo Cengalo

Effondrement au Pizzo Cengalo

Un effondrement de grande ampleur s’est produit le 23 août à 9:30 (heure locale) au Pizza Cengalo, dans la région frontalière entre le Bergell et l’Italie. L’événement a duré environ une minute; les vibrations qu’il a provoquées ont été enregistrées par les sismomètres dans toute la Suisse. Les secousses ont été équivalentes à un séisme de magnitude 3 environ, mais avec de plus basses fréquences que lors d’un séisme.

L’événement était attendu des autorités locales et cantonales. Il avait été précédé par de nombreuses chutes de blocs en 2011, 2012 et 2016 ainsi qu’un événement le 21 août 2017 à 11:29 (heure locale) (équivalent à une magnitude de 2.3). Juste après l’effondrement principal de mercredi matin, un autre effondrement de grande ampleur s’est produit à 11:36 (équivalent à une magnitude de 2.1).

Par comparaison de l’énergie libérée avec l’effondrement du 11 septembre 2016, l’événement principal de mercredi matin doit avoir un volume dépassant 1 million de mètres cubes.

Illustration: Enregistrements du sismomètre le plus proche situé dans la Valle di Lei, à environ 26km du lieu de l’effondrement. (D’autres images sont disponibles sur le site Web de la Radiotelevisione della Svizzera Italiana.)

08/08/2017

Séismes ressentis près de Sion (VS)

Séismes ressentis près de Sion (VS)

Le service sismologique suisse a enregistré ces derniers jours quelques petits séismes au sud-est de Sion. La séquence a débuté le samedi 5 août à 22:21 avec une secousse de magnitude 2.4 dont l’épicentre se situe à environ 2.5 km au sud-ouest de la ville. Le séisme a été clairement ressenti à Sion ainsi que dans les communes alentour (environ 270 témoignages sur notre site web). Un second séisme, de magnitude 2.2, également ressenti (environ 200 témoignages),  s’est produit lundi 7 août 2017 à 21:43 dans les environs immédiats de celui de samedi. Par ailleurs et jusqu’à mardi matin, trois autres événements plus faibles ont été localisés au même endroit. Les secousses ont été localisées à une profondeur d’environ 5 à 6 km. Les témoins disent avoir entendu un grondement et un bruit d’explosion. De tels sons peuvent être produits lorsque les ondes sismiques atteignent la surface et activent des ondes sonores. On ne s’attend à aucun dégât pour des événements de cette fourchette de magnitudes.

La nouvelle séquence sismique est clairement indépendante de celle localisée à 6 km au nord-ouest de Sion et dont fait partie le séisme de magnitude 3.3, ressenti deux mois auparavant (voir la rubrique Actualités du 02.06.2017).

Une autre séquence en essaim, située 5 km au nord-ouest de Sion sur une troisième faille, est elle active depuis octobre 2015. Plusieurs événements avec des magnitudes atteignant 3.2, certains nettement perçus par la population, s’y sont produits (voir la rubrique Actualités du 19.11.2015 et du 21.05.2016). Le dernier événement ressenti de cet essaim s’est produit le 18.02.2017, avec une magnitude de 2.1, alors que les derniers séismes détectés par le SED remontent à fin juillet.

Des essaims de séismes de la sorte sont typiques de la région. En général, l’activité décroit à nouveau en quelques jours, voire quelques mois. Quoi qu’il en soit, le Valais est le canton avec le plus fort aléa sismique de Suisse. Des séismes plus gros entrainant des dégâts ne peuvent jamais être écartés.

08/08/2017

BergeBeben! Exposition sur les tremblements de Terre à Vättis

BergeBeben! Exposition sur les tremblements de Terre à Vättis

Le 12 août 2017, l'exposition « BergeBeben! » sur les séismes et la formation des montagnes s'ouvre à Vättis. Elle invite à découvrir, au cœur du site du patrimoine mondial de l'UNESCO « le Haut lieu tectonique Sardona », les relations entre la formation des Alpes et les tremblements de terre.

L'exposition met en lumière, à côté des séismes locaux et de l'impact d'éventuels gros évènements dans la région, les spécificités de l'ensemble de la Suisse, pays de tremblements de terre. A cette occasion, certaines parties de l'exposition « ImpréVisible - Séismes en Suisse », que le Service Sismologique Suisse à l'ETH de Zurich a élaborée à l'occasion de son centième anniversaire, sont à nouveau accessibles au grand public.

Cette exposition est d'accès libre d'avril à novembre de 8 à 20 heures. Des visites guidées pour les groupes, ainsi qu'un accès entre décembre et mars sont possibles sur demande. Vous pouvez obtenir plus d'informations auprès de l’Office du tourisme de Vättis (081 306 11 76 / info@vaettis.ch).

08/08/2017

Quand aura lieu le prochain séisme ?

Quand aura lieu le prochain séisme ?

Nous ne le savons malheureusement pas, mais les données nous aident à nous rapprocher de la réponse. Rendez-nous visite du 1er au 3 septembre à l'exposition Scientifica sur le thème « Ce que nous révèlent les données ».

Participez à notre circuit de découverte et repondez vous-même à la question du prochain séisme. Nous vous montrons comment nous collectons, traitons et représentons les données sismiques, notamment sous forme de cartes d'aléa sismique. Vous pourrez découvrir votre histoire sismique personnelle avec l'aide de Madame et Monsieur Tremble. Vous aurez par ailleurs l'occasion de faire la connaissance des « prophètes sismiques » les plus controversés.

Pour la Suisse seule chaque année, deux à trois mille gigaoctets de données sismiques  sont collectées, traitées et archivées au Service Sismologique Suisse à l'ETH de Zurich. Celles-ci donneant des indications sur la distribution géographique des séismes et sur leurs magnitudes. Ces informations servent de base pour évaluer l'aléa et pour étudier les causes et mécanismes exacts des séismes. Une évaluation rapide des données sismiques permet en outre d'établir des systèmes d'alerte précoce pour la prévision à court terme des effets des tremblements de terre. Les ondes sismiques se propagent moins vite que les ondes électromagnétiques. Ceci permet d'alerter des régions alentours dès que quelques stations sismiques ont enregistré un tremblement de terre à proximité.

21/07/2017

Fort séisme près de Bodrum (Turquie) et Kos (Grèce)

Un fort séisme de magnitude 6.7 s’est produit vendredi, 21 juillet 2017, à 1h31 heure locale (0h31 heure suisse). L’hypocentre se trouvait à environ 12 km au sud de Bodrum (Turquie) et 12 km à l’est de Kos (Grèce) à une profondeur d’environ 10 km. Le séisme a aussi provoqué un petit tsunami. Le séisme a été ressenti largement dans la région égéenne-turque et L’Égée-Méridionale grecque. On déplore deux morts à Kos, des blessés et des dégâts sur des bâtiments.

Dans la région épicentrale, des répliques sont à attendre dans les jours et semaines à venir, dont quelques-unes qui pourraient être fortement ressenties voir produire de nouveaux dégâts. Dans la zone à risque, l’infrastructure peut aussi être endommagée. Le DFAE informe et conseille les voyageurs. Nous conseillons aux personnes qui envisagent de se rendre dans la zone touchée par le séisme de s’adresser directement à leurs agents de voyage.

D’après nos expériences, la probabilité de nouveaux séismes de magnitude semblable ou même plus grande dans la région de Kos et Bodrum dans les jours ou semaines à venir est élevée par rapport à la moyenne à long terme, mais reste faible.

D’une manière générale, les séismes de magnitude 6 ou plus sont toujours possibles dans la mer Egée et les régions limitrophes. Cette région a un des plus importants risques sismiques en Europe et en la Méditerranée.

Depuis 1900, dans un périmètre d’environ 150 km autour du séisme actuel, sept séismes de magnitude supérieur à 6.5 se sont produits (source : International Seismological Center). Le plus fort de ces séismes a enregistré une magnitude de 7.5 en 1956 au sud de l’île d’Amargos (environ 130 km à l’ouest du séisme actuel) tandis qu’en 1926, un séisme de magnitude 6.9 s’est produit à environ 15 km à l’ouest de Kos.

01/07/2017

Séisme fortement ressenti dans le Pays d’Enhaut

Séisme fortement ressenti dans le Pays d’Enhaut

Un séisme de magnitude 4.3 s’est produit samedi 1 juillet 2017 à 10:10 (heure locale) près de Château d’Oex (VD) à une profondeur d'environ 4 km. Il a été fortement ressenti près de l’épicentre, dans le pays d’Enhaut. Quelques dégâts légers sont probables dans cette région. Il a été ressenti dans les cantons de Vaud, Fribourg, en Valais et dans le canton de Berne. Plus de 1'300 personnes en deux heures ont témoigné de leur ressenti sur notre site web.

L’activité sismique dans cette zone était plus forte depuis 2016 et plusieurs séismes de magnitude jusque 2.7 ont été ressentis en 2016 et 2017, le dernier le 13 mai. Celui de samedi est nettement plus fort. Il a commencé à générer une séquence de répliques de séismes de plus faibles magnitudes qui va durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Certaines comme celle de samedi à 11:29 (magnitude 2.6) seront ressenties par la population qui doit s’attendre à d’autres secousses dans les prochains jours. Un séisme aussi fort, voire plus fort que celui de samedi n’est pas exclu, mais est peu probable.

Le séisme est lié à la rupture d’une faille normale (extension) orientée est-ouest, comme les autres événements de la séquence depuis 2016. Une inversion large-bande du moment sismique suggère également un événement peu profond avec une magnitude de moment Mw=4.0 et un mécanisme en faille normale. La station sismique SCOD située à Château d'Oex a enregistré une accélération maximale de 1.5 m/s2 soit la deuxième plus forte enregistrée en Suisse.

Historiquement, la région a été touchée par un séisme en 1770 aussi près de Château d’Oex, avec une magnitude estimée à 5.2 et une intensité épicentrale de VI (estimée à partir de dégâts). Par comparaison le séisme de samedi a une intensité épicentrale de V.

En Suisse, un événement de magnitude supérieure à 4 a lieu en moyenne tous les ans. Un autre événement de ce type, de magnitude 4.6, s’était produit en mars dernier dans le canton de Glaris avec des conséquences relativement similaires, mais sur une région plus importante.

Les carrés de couleur indiquent sur la carte les localités où le séisme a été ressenti et nous a été annoncé. En arrière-plan, la carte des intensités instrumentales.

Dans les médias: le 19:30 de la RTS du 01/07/2017

26/06/2017

Glissement de terrain et inondation au Groenland

Glissement de terrain et inondation au Groenland

Un important glissement de terrain a eu lieu samedi 17 juin 2017 en soirée au Nord-Ouest du Groenland, à environ 20 km du petit village de pêcheurs de Nuugaatsiaq. Peu après, des vagues ont inondé une grande partie du village, provoquant une destruction totale sur une large étendue. 11 maisons ont été emportées par la mer, quatre personnes sont portées disparu et 200 personnes ont été évacuées de trois villages de la région. L'effondrement a généré des ondes sismiques observables dans le monde entier et qui sont clairement apparues sur toutes les stations du réseau sismique du Groenland GLISN. Ce réseau a été mis en place au cours de la dernière décennie grâce à un effort international, avec un financement significatif de l'US National Science Foundation, du Geological Survey du Danemark et du Groenland, du Fond National Suisse (FNS) et de huit autres partenaires internationaux. 

Les données sismiques ont permis de rapidement contraindre les caractéristiques de l'effondrement. La station NUUG, située dans le village de Nuugaatsiaq, a été déterminante. C'est l'une des trois stations du Nord-Ouest du Groenland installées et entretenues par le Service Sismologique Suisse avec le soutien du FNS. Ces stations ont non seulement enregistré le signal de l'effondrement mais aussi celui généré par les vagues qui ont inondé le village par l'entrée en résonance du fjord (phénomène de seiche). Des informations supplémentaires sont disponibles ici.

En outre, des informations complémentaires sur la surveillance sismique des glaciers, objectif principal du réseau sismique du Groenland, sont disponibles ici.

16/06/2017

Un modèle de risque sismique pour la Suisse

Un modèle de risque sismique pour la Suisse

Quels sont les dommages que peuvent provoquer les tremblements de terre en Suisse ? Il n’existe actuellement que des débuts de réponse à cette question importante. Grâce au modèle national de l’aléa sismique du Service Sismologique Suisse (SED) à l’ETH Zurich, on connaît certes où et avec quelle fréquence on peut s’attendre à certains tremblements de terre, et quelle est la force des secousses qu’ils provoqueraient sur un site. Par contre, l’ampleur des dommages que les séismes peuvent provoquer sur les bâtiments et les infrastructures reste incertaine. Le Conseil fédéral a chargé le SED, en collaboration avec l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) et l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP), de combler cette lacune et de mettre au point d’ici 2022 un modèle de risque sismique.

Sur la base de l’aléa sismique, le risque sismique prend en compte l’influence du sous-sol local ainsi que la vulnérabilité et la valeur des bâtiments et infrastructures. Il devrait permettre aux autorités cantonales et nationales d’améliorer leur vue d’ensemble des risques, et d’optimiser ainsi l’aménagement du territoire. Parallèlement à la prévention, le modèle servira en cas de séisme à estimer rapidement quels dommages sont à attendre, et à quel endroit. L’élaboration du modèle sera financée par des contributions de l’OFEV, de l’OFPP et de l’ETH.

Le programme gestion des risques sismiques prévoit également pour les années 2017 à 2020 les mesures suivantes dans le domaine des tremblements de terre, décrites dans le communiqué de presse de la Confédération :

  • Garantir une coopération institutionnalisée à l’échelon fédéral.
  • Finaliser le renouvellement des réseaux nationaux de mesures sismiques.
  • Améliorer les bases relatives à l’appréciation de l’aléa sismique et aux exigences en matière de sécurité parasismique.
  • Élaborer un modèle du calcul du risque sismique pour la Suisse.
  • Achever l’inventaire de la sécurité parasismique des bâtiments importants de la Confédération en Suisse et à l’étranger.
  • Garantir la qualité de la protection parasismique dans les projets de construction menés par les services de la construction et des immeubles de la Confédération.
  • Établir des bases et des critères pour l’examen et le traitement des demandes d’aides financières exceptionnelles soumises à la Confédération par des cantons en cas de séisme.
  • Élaborer un concept pour la création et l’exploitation d’une organisation de traitement des sinistres en collaboration avec les compagnies d’assurance et les cantons.

Le SED est responsable, parallèlement à l’élaboration du modèle de risque sismique, de la rénovation du réseau national de mesures sismiques.

14/06/2017

Mise en route de la procédure de réouverture du forage géothermique à Bâle

Mise en route de la procédure de réouverture du forage géothermique à Bâle

Le Département de la santé publique du canton de Bâle-Ville a décidé le 28 mars 2017, en accord avec IWB (Industrielle Werke Basel), de rouvrir le forage qui avait été effectué dans le cadre du projet de géothermie « Deep Heat Mining » en 2006 à Bâle vers la fin du mois de juin. Le SED a renforcé la surveillance sismologique pour le compte du canton de Bâle-Ville et avec l’assistance d’IWB. Parallèlement à la surveillance sismologique de routine, le SED assure quotidiennement la détection extrêmement fine des tremblements de terre aux environs du forage, et transmet automatiquement les résultats au canton et à l’IWB. Ces annonces de tremblements de terre constituent la base du système de feu tricolore défini par IWB, une mesure important pour la réduction du risque sismique. Tous les séismes détectés sont immédiatement diffusés sur la page « Liste de tremblements de terre ».

La raison de la réouverture est une montée de l’activité microsismique à proximité immédiate du forage au cours des derniers mois. Une étude scientifique complète du SED (en allemand) a montré que l’augmentation de l’activité sismique peut être abaissée à nouveau avec une grande probabilité à long terme par l’ouverture du forage.

Vous trouverez des informations complémentaires à propos de la procédure de réouverture du forage dans le communiqué de presse du canton de Bâle-Ville.

Vous trouverez des informations générales sur le projet de géothermie à Bâle en suivant ce lien.

06/06/2017

Séisme légèrement ressenti près du Lac Noir (FR)

Séisme légèrement ressenti près du Lac Noir (FR)

Un léger séisme de magnitude 3.3 s’est produit mardi 6 juin 2017 à 09:18 (heure locale) près du Lac Noir (FR). Les habitants des communes situées dans un rayon de 30km ont pu ressentir le séisme. Il a également été parfois ressenti dans les villes de Berne et Fribourg. Au cours de la première heure suivant l’événement, plus de 50 personnes ont témoigné sur notre site web. On ne s’attend à aucun dégât pour un tel événement.

Ce séisme est probablement lié à la zone de failles de Fribourg, une zone de cisaillement, orientée Nord-Sud qui apparaît comme une structure linéaire de 20-30 km sur la carte de sismicité. Le séisme du 6 juin 2017 fait partie de cette structure linéaire. En 1999, un séisme de magnitude 4.3 (ML) s’est produit dans cette zone de failles avec un foyer situé à seulement 2 km de profondeur, donc dans les roches sédimentaires du bassin molassique suisse (Kastrup et al. 2007).

En Suisse, plusieurs séismes de magnitude supérieure à 3 se produisent chaque année. Des séismes plus forts, d’une magnitude de 5, qui pourraient engendrer des dommages, sont attendus tous les 8 à 15 ans.

02/06/2017

Un séisme ressenti près de Sion (VS)

Un séisme ressenti près de Sion (VS)

Un séisme de magnitude 3.3 s’est produit vendredi 2 juin à 21:05 (heure locale) près de Sion (VS). La secousse a été ressentie surtout dans la ville de Sion, dans les communes voisines ainsi que dans les régions limitrophes des cantons de Berne et de Vaud, jusqu’à une distance d’approximativement 50 km. Environ 400 personnes nous ont annoncé sur notre page Web avoir ressenti le tremblement de terre. Pour des séismes de cette magnitude, on ne s’attend pas à des dégâts. Le dernier séisme de cette magnitude dans la région de Sion s’était produit il y a environ une année. En Valais, le Service Sismologique localise en moyenne 200 séismes par an.

21/04/2017

Étudier la sismicité induite

Étudier la sismicité induite

L’exploitation des ressources profondes de notre planète est exigeante. Elle n’est possible qu’en respectant un certain nombre de facteurs. Une des problématiques très discutées actuellement est celle des séismes pouvant être déclenchés par les interventions humaines dans le sol. Au mois de mars, sur la Schatzalp à Davos, plus de 150 chercheurs internationaux ont discuté des avancées de la science dans le domaine de la sismicité induite. C’est déjà la deuxième fois que le Service Sismologique Suisse organise l’atelier Schatzalp. Vous trouverez ici tous les posters affichés et présentations effectuées dans le cadre de l’atelier.

Les défis qu’affrontent actuellement la surveillance et l’approche de la sismicité induite sont décrits entre autres par une étude synthétique parue récemment : elle démontre que la surveillance sismique en temps réel des activités dans le sol n’est pas encore systématique sur de nombreux sites. Ceci ne facilite pas les interventions rapides et les mesures préventives. En outre, l’absence de réglementations ou de cahiers des charges normalisés internationaux entraîne des difficultés pour les projets à proximité des frontières.

29/03/2017

Ouverture d’un forage de géothermie à Bâle

Le Département de la santé publique du canton de Bâle-Ville a décidé le 28 mars 2017, en accord avec IWB (Industrielle Werke Basel), de rouvrir dans les prochaines semaines le forage qui avait été effectué dans le cadre du projet de géothermie « Deep Heat Mining » en 2006 à Bâle. La raison en est une montée de l’activité microsismique à proximité immédiate du forage au cours des derniers mois. Une étude scientifique complète du Service Sismologique Suisse (SED) à l’ETH de Zurich (en allemand) a montré que l’augmentation de l’activité sismique peut être abaissée à nouveau avec une grande probabilité à long terme par l’ouverture du forage.

Le projet géothermique de Bâle lancé en 2006 visait à créer un système de fissures artificielles à une profondeur de 4000 à 5000 m, et à l’utiliser comme réservoir géothermique pour produire de l’énergie. Dans ce but, de l’eau froide a été injectée à haute pression dans le sous-sol. En cours de processus, de nombreux microséismes se sont produits, dont certains ont été ressentis, notamment un tremblement de terre d’une magnitude de 3.4 (ML), qui a provoqué de petits dommages sur des bâtiments. Les travaux du projet ont alors été interrompus, puis définitivement arrêtés en 2009 après une analyse de risque complète. Le forage a été ouvert en décembre 2006 en raison de la sismicité accrue, puis à nouveau fermé en avril 2011.

L’activité sismique à proximité du forage est surveillée depuis le début du projet par un réseau sismique et les données collectées permettent de dire qu’elle a plus ou moins constamment baissé dans la zone stimulée depuis la fin du projet en 2006. Environ une année après la fermeture du forage en avril 2011, et notamment depuis le deuxième semestre de 2016, l’activité sismique a recommencé à augmenter significativement à proximité immédiate du forage. Les microséismes se sont produits généralement en essaims, ce qui signifie que des phases d’activité accrue de quelques semaines ont été suivies de périodes plus calmes. Jusqu’ici, aucun de ces séismes n’a été ressenti par la population.

Au cours des derniers mois, la répartition spatiale des séismes a évolué conjointement à l’activité : les derniers tremblements de terre se sont produits en limites sud et nord de la zone concernée jusqu’ici, et indiquent une extension du système de fissures engendré. Les mesures montrent par ailleurs que la pression hydraulique dans le réservoir (pression interstitielle) a augmenté en permanence depuis la fermeture du forage. Une analyse détaillée des données sismiques ainsi que la modélisation de la relation entre les séismes et l’augmentation de la pression interstitielle ont prouvé que même des montées de pression limitées dans le réservoir suffisent à augmenter nettement la sismicité.

Les analyses du SED ont démontré qu’en l’absence de mesures de réduction de pression, un séisme d’une magnitude de 2 pouvant être faiblement ressenti était parfaitement possible dans les 12 mois à venir. La probabilité de cet évènement se situe entre 55 et 85 % et celle d’un tremblement de terre aussi fort que celui de 2006, avec une magnitude de 3.4, s’élève actuellement à environ 5 %. Sur la base de ses modélisations, et de la baisse de sismicité observée entre 2007 et 2011, le SED s’attend à ce que le taux moyen de tremblements de terre soit réduit de 50 à 90 % au cours des deux prochaines années par une nouvelle ouverture du forage.

Au cours des dix dernières années, le SED a conseillé et assisté sur demande les exploitants du projet ainsi que les autorités cantonales (cantons de Bâle-Ville, Jura, Vaud, Thurgovie et ville de Saint-Gall). Cette assistance était centrée sur les aspects sismologiques de l’étude de l’impact sur l’environnement (EIE), sur la surveillance sismique et sur le contrôle des concepts de sécurité sismiques et d’exploitation.

Pour de plus amples informations

Rapport contextuel « Séismes induits dans la zone du projet géothermique à Bâle » (en allemand)

Communiqué de presse du canton de Bâle-Ville pour l’ouverture du forage (en allemand)

Projet de géothermie de Bâle - informations du SED sur le projet

Séismes et géothermie - les relations les plus importantes en bref

20/03/2017

Deux séismes ressentis près de Vallorcine (F)

Deux séismes ressentis près de Vallorcine (F)

Lundi, 20 mars 2017, deux séismes se sont produits près de Vallorcine (F), à la frontière franco-suisse. Les deux séismes ont été ressentis dans la région épicentrale et le Bas-Valais, dans une zone qui s’étend de Martigny à Monthey environ. Le premier séisme, de magnitude 3.3 a eu lieu à 1h31, le deuxième, de magnitude 3.0, s’est produit à 22h09. La distance entre les épicentres des deux séismes est de quelques centaines de mètres. En règle générale, on ne s’attend pas à des dégâts pour des tremblements de terre de cette magnitude. La région de Vallorcine a connu une douzaine d’évènements ressentis depuis un séisme de magnitude 4.9 le 8 septembre 2005.

06/03/2017

Le point sur le séisme de magnitude 4.6 d’Urnerboden du 6 mars 2017

Le point sur le séisme de magnitude 4.6 d’Urnerboden du 6 mars 2017

Un tremblement de terre de magnitude 4.6 (magnitude locale ML) s’est produit le lundi 6 mars à 21:12. L’épicentre du séisme se situe à environ 3 km au nord-est de la localité de Urnerboden, aux confins des cantons d’Uri, de Schwyz et de Glaris. Le Service Sismologique Suisse (SED) a déterminé une profondeur du foyer d’environ 5 km. Avant la secousse principale, une série de séismes s’est produite, avec des magnitudes oscillant entre 0.2 et 2.2 (ML). Dans les 12 heures qui ont suivi le séisme, le SED a enregistré environ 25 répliques avec des magnitudes de 0.5 à 2.9 (ML). Dans les heures et jours à venir, on peut s'attendre à d’autres secousses, certaines d’entre elles étant susceptibles d’être éventuellement ressenties. Des séismes de magnitude semblable ou supérieure sont peu probables, mais ne peuvent être exclus.

Une majorité des habitants de Suisse centrale a ressenti le tremblement de terre. Le SED a reçu plus de 5'000 témoignages en provenance d’une région d’environ 200 km de diamètre qui inclut le Tessin, ainsi que des cantons de Berne, Argovie, Bâle, Zurich et une partie des Grisons. Le fort intérêt public pour cet événement est notamment illustré par le nombre de connections internet atteignant le demi-million par minute. Cette grande affluence explique que le site web du SED n’ait plus été accessible dans les 40 minutes qui ont suivi le séisme et que l’accès soit resté difficile après.

L’épicentre du séisme se situe dans la région des Nappes Helvétiques. La profondeur provisoire de 5 km laisse entrevoir un foyer situé près de la limite entre la couverture sédimentaire et le socle cristallin. Une première détermination du tenseur des moments indique une magnitude de moment (MW) de 4.1 et un mécanisme au foyer de type décrochement, orienté NNW-SSE ou WSW-ENE, comme on les connaît d’autres séismes dans cette région. Ces mécanismes sont révélateurs une compression nord-ouest – sud-est de la croûte terrestre dans cette partie des Nappes Helvétiques. Le séisme de lundi soir s’est produit à proximité du tremblement de terre d’Urnerboden du 5 mai 2003 (magnitude 4 ML). Profondeurs et mécanismes de ces deux séismes étant très similaires, on peut penser qu’ils se sont vraisemblablement produits sur le même système de faille.

Les contraintes tectoniques dans les Alpes peuvent de manière générale être expliquées comme le résultat de la collision des plaques continentales européenne et africaine. A cause de la tectonique complexe et de l’histoire de la zone de collision alpine, le comportement tectonique varie beaucoup tout le long de l’arc alpin.

Les accélérations du sol les plus élevées pendant le séisme ont été mesurées par une station située à Linthal (GL) et s’élèvent à 85 cm/s2. Statistiquement, on peut s’attendre à un séisme de cette ampleur tous les cinq ans en Suisse. Le dernier tremblement de terre de magnitude comparable (4.9 ML) s’est produit le 8 septembre 2005 à Vallorcine (F), tout proche de la frontière suisse, entre Martigny et Chamonix. Il a été fortement ressenti, surtout en Valais.

Le mardi 7 mars, le SED a installé deux stations sismiques mobiles supplémentaires à Urnerboden et à Bisisthal. Elles permettront une caractérisation plus détaillée de la séquence de répliques et ainsi des propriétés de la faille activée par le séisme.

Le séisme à la radio

RTS le journal du matin

RTS info

Webraten_DE

06/03/2017

Séisme d’une magnitude 4.6 en Suisse Centrale

Séisme d’une magnitude 4.6 en Suisse Centrale

Un tremblement de terre de magnitude 4.6 (échelle de Richter) a secoué la Suisse Centrale lundi 6 mars à 21:12. L’épicentre du séisme se situe près du sommet de l'Ortstock, à environ 6 km à l’ouest de Linthal (GL). Le séisme a eu lieu à 5 km de profondeur. Les secousses ont été ressenties partout en Suisse Centrale. En outre, le Service Sismologique Suisse (SED) a reçu de nombreux témoignages des cantons de Berne, d’Argovie, de Zurich et des Grisons. C’est également la raison pour laquelle la page web du SED a été difficilement accessible.

Pour un séisme de cette magnitude, des dégâts légers sont possibles à proximité de l’épicentre; cependant, pour l’instant, le SED n’a pas reçu d'informations qui en feraient état. Entre temps, plusieurs répliques, qui n’étaient pas assez fortes pour être ressenties, ont été enregistrées. A la suite d'un séisme de cette magnitude, on peut s'attendre à des répliques dans les prochaines heures et jours  qui peuvent éventuellement être ressenties. Des séismes de magnitude semblable ou supérieure sont peu probables, mais ne peuvent être exclus.

 

Un séisme de cette magnitude se produit en Suisse en moyenne tous les 3 à 5 ans. Le dernier séisme d’une magnitude comparable s’est produit le 8 septembre 2005 à Vallorcine (F) et avait été fortement ressenti en Valais.

03/02/2017

Les séismes de l’année 2016 en Suisse : synthèse

Avec 31 tremblements de terre de magnitude supérieure ou égale à 2.5, le nombre de séismes ressentis en Suisse et dans les régions limitrophes a été supérieur à la normale en 2016. Cette activité se reflète également dans le nombre total de tremblements de terre enregistrés au Service Sismologique Suisse de l’ETH Zurich : avec 880, il se situe un peu au-dessus de la moyenne des années passées.

C’est surtout en octobre que de nombreux séismes ont secoué la Suisse. Parmi ceux-ci, le tremblement de terre le plus fort de l’année 2016, qui s’est produit le 24 octobre près de Loèche-les-Bains en Valais. Avec une magnitude de 4.1, il a été ressenti dans de nombreuses régions de Suisse. Un séisme de cette magnitude se produit en général tous les un à trois ans. Le dernier événement équivalent a été enregistré en 2013 près de Sargans. D’autres séismes ressentis parfois nettement par la population se sont produits près de Juf dans le canton des Grisons le 7 octobre (magnitude 3.9) et dans la région frontalière avec la France, à l’ouest de Vallorcine le 1er octobre (magnitude 3.4).

De nombreuses personnes ont également ressenti le séisme s’étant produit au sud-ouest de Saint-Gingolph sur les rives du lac Léman le 22 décembre (magnitude 3.4) ainsi qu’un séisme plus faible (magnitude 2.2) survenu le 20 août à faible profondeur sous le centre-ville de Soleure. En outre, quelques événements de la série de forts tremblements de terre du centre de l’Italie, qui ont entraîné plus de 300 victimes, ont été ressentis par quelques personnes en Suisse. En Suisse, des séismes de cette magnitude se produisent en moyenne tous les 50 à 150 ans.

Le nombre de séismes de magnitude égale ou supérieure à 2.5 est de 31, nettement au-dessus de la normale des 41 dernières années. La moyenne annuelle en Suisse de ces séismes pouvant être ressentis est de 23 par an. Au total, ce sont 880 évènements qui ont été localisés par le SED en 2016 en Suisse et dans les régions limitrophes. Des variations par rapport à la moyenne à long terme de la fréquence des séismes sont normales, et ne permettent pas de faire des prévisions sur la sismicité future en Suisse. L’activité sismique s’est concentrée en 2016 comme les autres années surtout sur le Valais, le canton des Grisons et la région située le long du versant nord des Alpes.

Comme lors des années précédentes, on a enregistré en 2016 plusieurs essaims de tremblements de terre. L’une des séquences les plus actives s’est produite au nord-est de Sion avec trois séismes clairement ressentis en mai, juin et novembre parmi un total de plus de 80 évènements enregistrés. Le plus gros séisme, le 24 juin, a atteint une magnitude de 3.2. Dans la même région, un essaim avait déjà été actif en 2015. Les deux essaims sont vraisemblablement liés à une faille de la bordure nord de la vallée du Rhône. Par ailleurs, le Service Sismologique a enregistré à la frontière allemande, au nord-est de Thayngen, une séquence de plus de 50 séismes parfois perceptibles. Les essaims de tremblements de terre sont généralement caractérisés par l’absence d’un séisme principal marqué. Le séisme le plus fort se produit souvent au milieu ou vers la fin de la séquence. Les essaims de tremblements de terre peuvent s’étendre sur une période de quelques heures à plusieurs mois, voire sur des années.

Télécharger communiqué de presse

Télécharger carte "Séismes en Suisse 2016"

22/01/2017

Pas de séisme à Samnaun : l’origine de fausses alarmes

Pas de séisme à Samnaun : l’origine de fausses alarmes

Dimanche 22 janvier 2017, sur la base d’une évaluation entièrement automatique de données, le Service Sismologique Suisse a signalé par erreur un séisme d’une magnitude de 3.3 qui aurait eu lieu à Samnaun (GR) à 5 h 48 du matin. Lors d’un contrôle de routine réalisé par la suite par une sismologue, il s’est rapidement avéré que l’algorithme censé détecter et localiser automatiquement les séismes avait subi un dysfonctionnement. Les ondes sismiques d’un important et profond tremblement de terre en Papouasie-Nouvelle-Guinée ont été confondues avec celles d’un séisme en Suisse. Le signalement du séisme a été rapidement corrigé et les médias et les autorités ont été informés du fait qu’il s’agissait d’une fausse alarme. De telles défaillances du système automatisé se manifestent de temps en temps dans tous les réseaux sismiques. Il n’est malheureusement pas possible de prévenir entièrement de telles fausses alarmes. C’est pourquoi nous souhaitons expliquer ce qui suit.

Les séismes se produisent sans avertissement et leurs ondes se propagent à une vitesse de quelques kilomètres par seconde. Un séisme local de grande ampleur est par conséquent perceptible dans toute la Suisse en 30 à 40 secondes et engendre une certaine inquiétude : de quoi s’agit-il ? Quelle est l’intensité des secousses ? Quelle région est affectée par les secousses ? Pour être en mesure de diffuser ces informations en l’espace de quelques secondes, nos ordinateurs surveillent en permanence les données de plus de 150 sismomètres qui enregistrent les mouvements du sol dans tout le pays. Comme une station donnée est susceptible d’être exposée fréquemment à des vibrations, par exemple lors du passage d’un camion à proximité, l’algorithme exige que plusieurs stations détectent simultanément (c’est-à-dire dans un laps de temps de quelques secondes) une hausse significative de ce que l’on appelle le rapport signal/bruit. Ce n’est que dans ces conditions que l’ordinateur soupçonne la survenue d’un séisme et qu’il en détermine l’épicentre au moyen d’une triangulation ainsi que la magnitude grâce à l’amplitude du signal. Cette méthode fonctionne sans difficulté dans 99,9 % des cas et nous permet d’informer le grand public par e-mail, Twitter et internet en moins d’une minute.

Il arrive cependant qu’elle connaisse parfois une défaillance: dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, notre ordinateur a pris en compte par erreur un séisme en Papouasie-Nouvelle-Guinée. A 5 h 30 du matin, la croûte terrestre s’est fracturée à une profondeur de plus de 130 km le long d’une surface de rupture d’environ 100 à 150 km de long. Il s’agit là d’un séisme important d’une magnitude de 7.9. Compte tenu de la grande profondeur à laquelle le séisme s’est produit, nous espérons qu’aucune victime n’est à déplorer. Les ondes sismiques se sont propagées à travers toute la Terre avant de parvenir en Suisse environ 18 minutes plus tard (visionner le film à ce propos, seulement disponible en allemand). Les premières ondes ont frappé la Suisse pratiquement à angle droit par le sous-sol, si bien qu’elles ont été recensées presque simultanément par toutes les stations. Bien que nos ordinateurs aient correctement détecté un séisme, ils ont toutefois estimé sa position à une profondeur de 60 km sous l’Engadine. Le logiciel a classé la qualité de la localisation à un niveau peu satisfaisant, un niveau toutefois encore tout juste suffisant pour justifier la publication du signalement au vu de notre seuil prédéfini. Par chance, la magnitude a été estimée à un niveau largement inférieur car l’énergie des ondes s’est fortement dissipée le long parcours les menant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée à la Suisse. C’est ainsi que le signalement d’un séisme suisse a été rendu public dans le monde entier, même s’il a été assorti d’un avertissement selon lequel la localisation avait été réalisée automatiquement, sans vérification par un sismologue.

Nous pourrions réduire davantage le risque de telles fausses alarmes, mais cela ne serait pas sans effets secondaires. Des critères de qualité automatiques plus stricts seraient utiles mais ils s’accompagneraient d’un risque plus élevé de non-détection et de non-signalement de séismes (ce qui est pour nous au moins aussi grave qu’une fausse alarme). Nous pourrions décider que tous les séismes doivent être vérifiés par un sismologue mais une telle approche exigerait au moins 20 à 30 minutes, un délai excessif à l’ère du numérique. C’est pourquoi il ne nous reste plus, à nous sismologues, qu’à nous excuser lorsque les choses ne fonctionnent pas comme prévu (ce que nous souhaitons faire à nouveau par le présent communiqué), à améliorer continuellement les algorithmes de nos signalements automatiques et enfin à rappeler une vérité rassurante: les ordinateurs ne savent pas (encore ?) tout mieux faire que l’homme!