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Archives actualités 2020

23/06/2020

Séisme ressenti près de Vallorcine (F)

Séisme ressenti près de Vallorcine (F)

Un séisme de magnitude 3.8 s‘est produit le mardi 23 juin 2020 à 08:25 (heure locale) à une profondeur d’environ 5 km près de Vallorcine (F), à la frontière franco-suisse.

La secousse a été nettement ressentie, surtout dans la vallée du Rhône, de Sion jusqu’au lac Léman.  Plus de 250 témoignages de ressenti nous sont parvenus dans l’heure qui a suivi le séisme. On ne s'attend pas à des dégâts pour un séisme de cette magnitude.

Depuis un séisme de magnitude 4.9 le 8 septembre 2005, la région de Vallorcine a connu de nombreux séismes dont une quinzaine ont été ressentis par la population locale.

26/05/2020

Séisme dans les Alpes glaronnaises

Séisme dans les Alpes glaronnaises

Ce mardi 26 mai 2020 à 07h50 (heure locale), un séisme de magnitude 3.1 s’est produit dans le Sernftal, à 3 km à l’ouest d’Elm (GL), à une profondeur de 4 km environ. Il ne faut pas s’attendre à de dégâts pour un tremblement de terre de cette magnitude.

La secousse a été en partie clairement ressentie à proximité de l’épicentre. Le service sismologique suisse à l’ETH de Zurich n’a en revanche reçu presque aucun témoignage en provenance de distances supérieures à 20 km. 

Ces dernières années, des séismes ressentis se sont produits ici ou là dans la région. Le plus mémorable est celui du 6 mars 2017, d’une magnitude de 4.6 qui a ébranlé toute la Suisse centrale. Son épicentre était cependant situé à quelques 15 km à l’ouest de l’épicentre du séisme de ce matin, également à une profondeur de 4 km. On peut noter que la plupart des séismes dans cette région des Alpes se produisent à des profondeurs inférieures à 5 km, et donc relativement proche de la surface.

29/04/2020

Les mesures prises contre le COVID-19 réduisent le bruit sismique en Suisse

Les stations de mesure sismique enregistrent non seulement les ondes des tremblements de terre, mais aussi les vibrations d’autres origines, appelées bruit de fond sismique. Cette agitation constante de la Terre est en partie anthropogène, provoquée notamment par le trafic routier ou les activités industrielles qui font vibrer la croûte terrestre, généralement plus fort pendant la journée et moins fort la nuit et le week-end. Mais le vent, les vagues et les phénomènes météorologiques font aussi trembler la terre en permanence. Comme l’ont[1] montré des études internationales, le niveau du bruit de fond sismique d’origine humaine a diminué en de nombreux endroits depuis l’expansion de la pandémie de Corona. Les stations de surveillance enregistrent donc indirectement les effets du confinement et de la réduction concomitante de l’activité humaine. Ce phénomène est également constaté en Suisse par le Service Sismologique Suisse de l’ETH Zurich.

Aux stations du réseau national accélérométrique (SSMNet), souvent localisées dans des zones urbaines, le bruit de fond sismique a parfois diminué de manière significative, par exemple à Martigny, Zurich, Bâle ou Genève. Dans ces villes, le bruit de fond pendant les jours ouvrables depuis l’avènement de cette situation exceptionnelle était presque aussi faible que d’habitude les week-ends avant le confinement. De même, les nuits de vendredi à samedi et de samedi à dimanche sont beaucoup plus calmes que d’habitude depuis le début du confinement : les soirs de week-end, les valeurs du bruit sismique sont revenues au niveau des soirées normales de semaine dans les villes. D’ordinaire, le bruit sismique est en général plus élevé pendant les nuits du week-end que pendant celles du lundi au vendredi.

Le bruit de fond n’est par contre que légèrement réduit pour les stations rurales ou alpines du réseau national à large bande (SDSNet), situées dans des zones beaucoup moins affectées par les vibrations du trafic routier, ferroviaire et d’autres activités humaines. Localement, cependant, des vents forts et certaines influences météorologiques peuvent également entraîner une augmentation du niveau de bruit de fond, comme cela a peut-être été le cas dans le nord-est de la Suisse au cours de la période étudiée (23 au 29 mars 2020).

En conséquence de cette situation exceptionnelle en Suisse, les stations de mesure peuvent désormais enregistrer des séismes légèrement moins forts, dont les signaux seraient autrement noyés dans le bruit de fond. Le confinement COVID-19 augmente donc la sensibilité de la surveillance des tremblements de terre dans certaines parties de la Suisse, mais cet effet n’est que de 0.1 à 0.2 unités de magnitude. À titre de comparaison, pendant la nuit, cette sensibilité est supérieure en moyenne d’environ 0.5 unités de magnitude à celle des heures de travail diurnes. Les nouvelles dates montrent que le bruit de fond sismique a encore légèrement augmenté ces derniers jours dans certaines stations. Toutefois, aucune déduction sur le respect du confinement ne peut être tirée de ces données.

18/03/2020

Séisme près de Vevey

Séisme près de Vevey

Le mercredi 18 mars 2020 à 02:54:57, un tremblement de terre d'une magnitude de 2.6 s'est produit à 10 km à l'est de Vevey (VD). La profondeur du séisme était d'environ 9 km.

L'épicentre se trouvait près du hameau de Montbovon (FR). Le séisme a été ressenti par plusieurs personnes dans la région.

Au cours de l'année dernière, plusieurs tremblements de terre se sont produits dans la partie orientale de la région lémanique, la plupart du temps de faible intensité. Le plus fort séisme récent dans cette région était celui du 28 mai 2019 avec une magnitude de 4.2, à 13 km au sud-ouest de Vevey.

17/02/2020

LabQuake : les études sismiques en laboratoire passent au niveau supérieur

LabQuake : les études sismiques en laboratoire passent au niveau supérieur

Début février, un chargement étrange a été livré au Service Sismologique Suisse (SED) de l’ETH Zurich : une machine pesant 11 tonnes et mesurant 1 m x 2,4 m x 2,5 m. Celle-ci est destinée à soumettre des échantillons de roche, pouvant tenir dans la main, à de petits tremblements de terre dans les conditions qui règnent au sein de la croûte terrestre à 4-8 km de profondeur. Cet appareil a été baptisé LabQuake et il est installé dans le Rock Physics and Mechanics Laboratory sous la responsabilité de Claudio Madonna. LabQuake sera au cœur de la nouvelle orientation de recherches du SED – la sismologie en laboratoire – et permettra de mieux comprendre la physique des tremblements de terre, notamment ceux qui sont induits par des stimulations géothermiques profondes. Paul Selvadurai dirige le nouveau groupe de recherche sismologique en laboratoire.

Pour mieux comprendre les processus naturels, les scientifiques reproduisent souvent des phénomènes complexes en laboratoire, où ils peuvent contrôler l’environnement, reproduire les expériences et mettre en place des réseaux denses de capteurs. Avec LabQuake, ils induisent dans des échantillons de roche des dizaines de milliers de très petits tremblements de terre – des événements dits nanosismiques qui ne libèrent pas plus d’énergie qu’un seul battement d’ailes d’insecte – et observent comment ils évoluent, quels paramètres les contrôlent et pourquoi ils s’arrêtent. Pour ceci, LabQuake est équipé de capteurs divers, mesurant de manière très détaillée l’évolution de la nanosismicité, des contraintes et de la pression interstitielle dans l’échantillon de roche.

Unique au monde

LabQuake soumet des échantillons de roche inférieurs à 7,6 cm aux conditions dans lesquelles fonctionnent les centrales de géothermie profonde : des températures pouvant atteindre 170 °C et une pression de confinement de 170 MPa, soit à peu près 1678 atmosphères ou une colonne d’eau de 17,3 km de haut. La force maximale que les scientifiques peuvent appliquer sur les échantillons de roche équivaut au poids de 125 véhicules de taille moyenne (environ 2500 kN).

L’une des premières applications de LabQuake sera de reproduire des expériences sur des échantillons de roche collectés dans des laboratoires de recherche souterrains. LabQuake complète parfaitement les expériences à l’échelle du décamètre réalisées dans le cadre du projet In-situ Stimulation and Circulation (ISC) du Grimsel. Pour tester les hypothèses de ce projet, les scientifiques les ramènent à l’échelle de LabQuake. Ensuite, ils transposent leurs découvertes à une échelle supérieure et les appliquent à des expériences de terrain menées au sein du Bedretto Laboratory for Geoenergies. Ainsi, LabQuake comble le fossé entre les projets à différentes échelles et contribue à améliorer leur précision et leurs performances.

Le financement de LabQuake s’élève à quelque 1,2 million de francs suisses et a été assuré par le fonds start-up de la chaire du professeur Wiemer, avec des contributions du programme R'Equip du FNS, du programme d’équipement de l’ETH et du département des sciences de la terre.

Pour voir comment le LabQuake a été livré au SED, regardez ici la vidéo en accéléré.

28/05/2020

Séquence toujours active dans le canton de Glaris

Depuis le mardi 26 mai 2020, une séquence de séismes est active à l’ouest d’Elm, dans le Sernftal (GL). Elle a débuté à 07h50 (heure locale) avec un tremblement de terre de magnitude 3.1 (cf. contribution précédente). Depuis et jusqu’au jeudi midi 28 mai, le service sismologique suisse (SED) à l’ETH de Zurich a pu, grâce à son réseau de stations, localiser précisément 13 autres séismes. Les deux plus forts, de magnitudes 2.9 et 2.8, mercredi à 02h55 et à 09h11, ont été ressentis faiblement près de l’épicentre.

La figure montre l’évolution temporelle de l’activité sismique. Le graphique contient d’une part 22 séismes localisés (bordés de rouge, parmi eux neuf événements de qualité de localisation moindre et ne faisant pas partie du catalogue officiel) et d’autre part de plus petits séismes. Ces derniers ont pu être déterminés a posteriori par une comparaison systématique des formes d’ondes, chacun de ces petits séismes présentant une configuration semblable à celle de ceux qui ont été enregistrés par l’approche classique. Cette méthode du « template-matching » est actuellement étudiée et améliorée au SED. Elle permet de mieux comprendre encore de telles séquences.

Il a déjà été fait mention dans la contribution précédente de la proximité à l’essaim de séismes de Urnerboden en 2017. Plus proche encore, un séisme de mangitude 3.8 s’est produit près de Linthal le 17 mars 2001. Dans la zone de la séquence en cours, le SED avait déjà enregistré en été 1987 une série similaire. Elle contenait 34 séismes, dont le plus fort avait une magnitude de 2.4, et a duré exactement un mois. Une relocalisation relative des tremblements de terre les uns par rapport aux autres avait montré qu’ils s’étaient tous produits le long d’une faille subverticale orientée est-ouest. Le mouvement était dextre : quel que soit le côté de la faille sur lequel on se trouve, le côté opposé se déplace vers la droite.

Des premières investigations, encore préliminaires, des séismes enregistrés jusqu’ici semblent indiquer une géométrie de faille presqu’identique, ce qui laisse supposer que le système de faille de 1987 a été réactivé. De telles failles orientées est-ouest (mais aussi nord-sud) sont connues grâce à la géologie de surface dans cette région des Alpes. Comme pour la séquence de 1987, les premières analyses indiquent une relativement faible profondeur des séismes. Avec une profondeur estimée à 2 km environ (sous le niveau de la mer), ils se situent dans la zone de contact entre la couverture sédimentaire visible en surface et le socle cristallin. À cause de l’incertitude qui entache la détermination des profondeurs, une origine géologique plus précise n’est pas encre possible.

Bien que l’activité sismique se soit un peu estompée ces dernières 24 heures, il est difficile de se prononcer sur l’activité sismique à laquelle il faut s’attendre ces prochains jours et ces semaines. L’expérience montre que de telles séquences peuvent évoluer de manières très variées. Il est ainsi toujours possible, même si peu probable, que d’autres séismes encore plus forts se produisent. On peut rappeler que de manière générale, des séismes forts, de magnitude 6 ou plus, sont certes rares, mais qu’ils peuvent se produire en Suisse à tout endroit et à tout moment. En moyenne, il faut compter en Suisse avec un tremblement de terre de magnitude d’environ 6 tous les 50 à 150 ans.

19/05/2020

Séisme près de Sion

Séisme près de Sion

Le mardi 19 mai 2020, à 8h10, un tremblement de terre de magnitude 2,1 s'est produit dans la vallée du Rhône, à l’est de Sion (VS). La profondeur du séisme était d'environ 6 km. Malgré sa magnitude relativement faible, le tremblement de terre peu profond a été ressenti par de nombreuses personnes: dans les deux heures qui ont suivi le séisme, le Service sismologique suisse  a reçu environ 80 témoignages de ressenti la plupart en provenance de Sion même et tous limités à un rayon de 10 km autour de l’épicentre. La vallée du Rhône est une région qui présente l'un des plus grands aléas sismiques de Suisse.  

07/04/2020

Projet géothermique de Haute-Sorne – le canton envisage de révoquer son autorisation

Projet géothermique de Haute-Sorne – le canton envisage de révoquer son autorisation

Dans la commune jurassienne de Haute-Sorne, un projet de production d'électricité par géothermie profonde était prévu. Après qu'un tremblement de terre d'une magnitude de 5,5 se soit produit près de la ville sud-coréenne de Pohang en novembre 2017 (voir l'article du 24 mai 2019 pour un aperçu), le canton du Jura avait à nouveau soulevé la question du risque sismique associé au projet jurassien. Le séisme coréen a en effet été déclenché par un projet de géothermie profonde pétrothermale à proximité immédiate. À la demande du canton, Geo-Energie Suisse AG (GES), qui prévoit et entend exploiter le projet de Haute-Sorne, a réexaminé son évaluation des risques à la lumière des conclusions tirées des événements coréens. Par la suite, le Service sismologique suisse (SED) de l'ETH Zurich a été mandaté par le canton pour juger de l'évaluation actualisée des risques par GES.

Le 6 avril 2020, le canton du Jura a publié le rapport du SED et a annoncé sa décision quant à la suite qu’il entend donner au projet de géothermie profonde à Haute-Sorne. Il va ouvrir une procédure pouvant mener à la révocation de l'arrêté à la base du plan spécial et ainsi au retrait de de l’autorisation qu’il a accordée à GES. Toutes les informations sont publiées sur la page suivante : https://www.jura.ch/CHA/SIC/Centre-medias/Communiques-2020/Le-Gouvernement-envisage-de-revoquer-l-arrete-d-approbation-du-plan-special-cantonal-Projet-pilote-de-geothermie-profonde-a-Ha.html#

24/02/2020

La sismicité en Mars

La sismicité en Mars

Quinze mois après l’atterrissage réussi de la mission InSight de la NASA sur Mars, les premières analyses scientifiques des chercheurs de l’ETH Zurich et de leurs partenaires révèlent que la planète est active sur le plan sismique. Les données enregistrées permettent de mieux connaître l’intérieur de Mars, le but premier de la mission InSight.

Le 26 novembre 2018, l’atterrisseur InSight de la NASA s’est posé sans encombre dans la région martienne d’Elysium Planitia. Soixante-dix journées martiennes plus tard, le sismomètre SEIS de la mission a commencé à enregistrer les vibrations de la planète. Une équipe de chercheurs et d’ingénieurs de l’ETH Zurich, dirigée par le professeur Domenico Giardini, a fourni l’électronique de contrôle du SEIS et a la responsabilité du Service des tremblements de Mars. Avec l’arrivée des premières données, ce service, assuré par les chercheurs du Service Sismologique Suisse à l’ETH de Zurich en collaboration avec le groupe Sismologie et géodynamique, a pris son régime de croisière. Les données arrivant quotidiennement sont analysées et interprétées. Car en réalité, seule une fraction des données est automatiquement envoyée vers la Terre, en raison des limitations de transmission. Dès que le Service des tremblements de Mars identifie des caractéristiques particulières, il demande les données à pleine résolution et les étudie dès leur arrivée. Le journal Nature Geoscience a publié une série d’articles sur les résultats obtenus par la mission durant les premiers mois de fonctionnement sur Mars.

Comme indiqué dans ces articles, InSight a enregistré 174 événements avant fin septembre 2019. Depuis lors, les mesures se sont poursuivies, et ont permis de détecter à ce jour plus de 450 tremblements de terre, qui n’ont pas encore été analysés en détail. Cela représente en moyenne un événement par jour. Ces données permettent aux chercheurs d’observer comment les ondes sismiques traversent la planète et de dévoiler ses caractéristiques internes, comme le feraient des rayons X en tomographie médicale. Avant l’arrivée sur Mars d’InSight, les chercheurs avaient élaboré un large éventail de modèles possibles pour représenter la structure interne de la planète rouge. Après seulement quelques mois, les tremblements de Mars enregistrés ont conduit à affiner la compréhension de la structure de la planète et à réduire les incertitudes.

Les tremblements de Mars sont similaires aux événements sismiques que nous observons sur Terre, bien qu’ils soient généralement de magnitude inférieure. Les 174 tremblements de Mars enregistrés peuvent être classés en deux familles : l’une comprend 24 événements de basse fréquence d’une magnitude comprise entre 3 et 4, tel que documenté dans les articles, avec des ondes se propageant à travers le manteau martien. L’autre comprend 150 événements de magnitude inférieure, avec un foyer moins profond et des ondes haute fréquence piégées dans la croûte martienne. « Les tremblements de Mars présentent des caractéristiques déjà observées sur la Lune à l’époque d’Apollo, avec une durée prolongée du signal (10 à 20 minutes) en raison des propriétés de diffusion de la croûte martienne », explique Domenico Giardini, professeur à l’ETH. Il précise cependant qu’en général, l’interprétation des données des tremblements de Mars est très difficile et dans la plupart des cas, il est seulement possible d’identifier la distance, mais pas la direction d’où les ondes arrivent.

InSight ouvre une nouvelle ère de sismologie planétaire. Les performances du SEIS ont dépassé jusqu’à présent les attentes, compte tenu des conditions difficiles sur Mars, caractérisées par des températures oscillant quotidiennement entre -80 à 0 degrés Celsius et par de fortes variations de vent. Effectivement, vent forts secouent pendant la journée l’atterrisseur InSight et son instrumentation, en créant un fort niveau de bruit ambiant. Cependant, au coucher du soleil, les vents se calment, ce qui permet ensuite d’enregistrer des données sismiques avec le plus faible bruit ambiant jamais recueillies dans le système solaire. C’est pourquoi la plupart des évènements sismiques détectés sur Mars par le SEIS se sont déroulés pendant les heures calmes de la nuit. Cet environnement difficile demande donc de bien faire la distinction entre des séismes et des signaux induits par les mouvements de l’atterrisseur, d’autres instruments ou des perturbations atmosphériques.

Le martèlement de l’instrument HP3 (une autre expérience InSight) et le passage rapproché des tourbillons (diables de poussière) enregistrés par le SEIS, permettent de cartographier les propriétés physiques des couches superficielles du sol juste en dessous de la station. Nous savons désormais que le SEIS a atterri sur une couche de sable de quelques mètres d’épaisseur, au milieu d’un ancien cratère d’impact de 20 m de diamètre. A des profondeurs plus importantes, la croûte martienne a des propriétés semblables à celles des socles cristallins sur Terre, mais semble plus fracturée. La propagation des ondes sismiques suggère que leur atténuation par le manteau supérieur est plus importante à celle du manteau inférieur.

InSight a atterri dans une région sismiquement plutôt calme de Mars, car aucun événement n’a été enregistré jusqu’à présent à proximité de la station. Les trois évènements les plus importants ont été localisés dans la région de Cerberus Fossae, à environ 1 500 km. Il s’agit d’un système tectonique de graben, provoqué par le poids d’Elysium Mons, le plus grand volcan de la zone d’Elysium Planitia. Cela prouve bien que l’activité sismique sur Mars n’est pas seulement la conséquence du refroidissement et donc de la contraction de la planète, mais qu’elle est aussi induite par les contraintes tectoniques. L’énergie sismique totale libérée sur Mars se situe entre celle de la Terre et celle de la Lune.

Le SEIS, complémentaire des autres mesures InSight, a également fourni des données utiles pour mieux comprendre les processus météorologiques sur Mars. La sensibilité de l’instrument aussi bien au vent qu’à la pression atmosphérique a permis d’identifier les phénomènes météorologiques caractéristiques de Mars, notamment les nombreux tourbillons de poussière qui passent à proximité de l’engin spatial chaque après-midi.

Des résultats plus détaillés de l’analyse sismique et d’autres constatations de la mission InSight sont disponibles dans la série d’articles récemment publiés dans Nature Geoscience : The seismicity of Mars, Crustal and time-varying magnetic fields at the InSight landing site on Mars, The atmosphere of Mars as observed by InSight, Initial results from the InSight mission on Mars

En savoir plus sur la mission InSight de la NASA : https://mars.nasa.gov/insight/ et sur l’implication de l’ETH Zurich dans InSight : www.insight.ethz.ch

25/01/2020

Séisme près du Val de Tourtemagne (VS)

Séisme près du Val de Tourtemagne (VS)

Un séisme de magnitude 3.0 s‘est produit le samedi 25 janvier 2020 à 20:13 (heure locale) à une profondeur d’environ 4 km au-dessous du Val de Tourtemagne (VS), entre le val d’Anniviers et la vallée de Zermatt.

La secousse a été nettement ressentie, surtout dans la vallée du Rhône et la vallée de Zermatt.  Plus de 100 signalements nous sont parvenus dans l’heure qui a suivi le séisme. On ne s'attend pas à des dégâts pour un séisme de cette magnitude.

Peu de temps avant, à 20:07 (heure locale), un séisme de magnitude 2.4 s’était produit environ 4 km à l’ouest de Realp (UR), mais n’a guère été ressenti. Les deux séismes n’ont pas de relation causale.

14/01/2020

Les séismes de l’année 2019 en Suisse

L’année dernière, le nombre de tremblements de terre ressentis en Suisse et dans les pays voisins a été deux fois plus élevé que la moyenne sur les années précédentes. Quelque cinquante des 1 670 tremblements de terre enregistrés ont fait l’objet d’au moins cinq notifications de ressenti de la part de la population auprès du Service Sismologique Suisse (SED) à l’ETH de Zurich. La majorité des tremblements de terre est associée à cinq séquences sismiques actives qui ont marqué 2019. L’une d’entre elles s’est produite dans le Valais, dans la région située entre Anzère et le col du Sanetsch. Les quatre autres ont eu lieu dans la zone frontalière avec la Suisse, près de Courmayeur (I), Novel (F), Constance (D) et Chamonix (F).

Les tremblements de terre se produisent souvent en Suisse sous forme de séquences, appelées aussi essaims de séismes, qui se caractérisent par une succession de séismes à un endroit précis. Ce qui est inhabituel l’année dernière, c’est le nombre de séquences de tremblements de terre très actives. Depuis le début de la surveillance moderne des tremblements de terre dans les années 1970, on n’avait jamais enregistré autant de séismes. Par conséquent, il y a eu plus de tremblements de terre ressentis que d’habitude. Les êtres humains peuvent ressentir un tremblement de terre en général à partir d’une magnitude de 2.5. Une telle répétition de tremblements de terre perceptibles s’est produite pour la dernière fois en 1964, lorsqu’une séquence prononcée avec des secousses d’une magnitude allant jusqu’à 5.3 s’est produite pendant plusieurs mois près de Sarnen (OW), en inquiétant grandement la population. Bien qu’un niveau d’activité sismique aussi élevé qu’en 2019 soit rare, il ne constitue ni une surprise ni une indication d’un aléa sismique accru dans les mois et les années à venir.

C’est un essaim de tremblements de terre dans le Valais qui a le plus attiré l’attention de la population, avec 16 séismes ressentis pour lesquels environ 2000 annonces de ressenti ont été reçues. Au cours de la première moitié de novembre, plus de 300 séismes se sont produits au nord de Sion entre Anzère et le col du Sanetsch, les deux plus importants d’une magnitude de 3.3. Les premières analyses indiquent que lors de cette séquence, plusieurs failles ont été activées simultanément, et se sont influencées les unes les autres. En revanche, l’activité sismique sur la presqu’île de Bodanrück près de Constance (D) est caractéristique d’une unique structure activée dans le sous-sol. Les tremblements de terre montrent tous un mécanisme similaire de fracture. Cet essaim avec un total de sept séismes perceptibles indique une structure de graben sismiquement active dans la région Hegau-Lac de Constance.

Le plus grand tremblement de terre de 2019, d’une magnitude de 4.2, s’est produit à la fin du mois de mai et fait partie de l’essaim de séismes près de Novel (F). Le SED a reçu 600 annonces de ressenti de la population pour ce seul événement. Le deuxième séisme le plus fort appartenait à l’essaim de Constance (D) avec une magnitude de 3.7. Avec 410 séismes, la séquence de Courmayeur (I) dans le Massif du Mont Blanc, qui est active depuis un certain temps, est celle qui compte le plus grand nombre d’évènements en 2019. 

Le nombre total de 1 670 tremblements de terre enregistrés représente un nouveau record. Il s’explique d’abord par le niveau élevé de l’activité sismique de l’année dernière, mais il est également une conséquence de la densité sans cesse croissante et de la modernisation du réseau de mesure sismique. Pour les sismologues, un nombre plus important de séismes enregistrés constitue une aide précieuse, car ils permettent de cartographier de manière toujours plus détaillée le sous-sol et la sismotectonique des Alpes. Cela permettra entre autres d’améliorer la base des futures évaluations de l’aléa et des risques sismiques.

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